Rainer Maria Rilke : Nous avons autant à apprendre de l’homme que de sa poésie

Il est des écrivains qui n’ont pas exalté les mêmes valeurs dans leur vie que dans leurs œuvres. Il en est d’autres qui ont fait preuve du même altruisme à travers leurs actes que derrière leur plume. Or, Rainer Maria Rilke était de ceux-là.

On connaît sa relation avec Lou Andreas-Salomé qui s’était refusée à Friedrich  Nietzsche. Cette histoire laisse deviner la maturité et le recul d’un Rainer Maria Rilke, amant d’une femme de quatorze ans son ainée et qui a été l’amie de certaines des figures les plus marquantes de la pensée du vingtième siècle. A travers leur correspondance, nous voyons leur relation évoluer. D’adolescent amouraché, Rilke devient l’amant puis l’allié de la philosophe. Finalement, Rilke apparaît comme l’une des influences les plus positives et féministes dans l’entourage de la penseuse.

Comme vous le savez Rainer Maria Rilke a passé ses dernières années en Suisse.  Alors adolescent, Henri Gaspoz, par la suite appelé « le Colosse », était son homme à tout faire. Impressionné par la vivacité d’esprit du jeune homme, Rainer Maria Rilke a veillé à ce qu’il puisse se former en premier lieu en effectuant un apprentissage, puis comme ingénieur.

Cette anecdote laisse deviner qu’au-delà de l’œuvre, il y avait un être humain soucieux d’exalter les qualités des autres, de créer la beauté sur le papier et à travers ses actes. Nous sommes bien loin du cliché de l’écrivain égotique. Cette capacité à reconnaître le potentiel inexploité chez un garçon, à percevoir la poésie dans la nature et à considérer une maîtresse comme une égale et non comme une muse, voilà, ce qui distingue les grands artistes.