Yves Oltramare : Une vision moderne de la philanthropie

Yves Oltramare, ancien associé de la banque privée LODH (Lombard Odier Darier Hentsch & Cie) a une longue expérience dans la gestion, l’administration et le développement d’organisations à but non-lucratif et figure, depuis plus de 20 ans, au premier plan de la scène philanthropique romande.

Il a notamment présidé la Fondation Luis-Jeantet, une fondation basée à Genève qui a pour vocation de faire avancer la recherche médicale. En 1994, il a créé, avec Ivan Pictet, une fondation aujourd’hui connue sous le nom de « Fondation pour Genève ». Celle-ci a pour but de conserver les traditions et les valeurs genevoises, tout en embrassant les particularités culturelles dues à la nature internationale de la ville.

Dans le même esprit inclusif et tourné vers le monde, tout en chérissant les particularités propres à chaque culture, Yves Oltramare fut aussi à l’origine d’une chaire à l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement appelée Chaire Yves Oltramare « Religion et Politique dans le Monde Contemporain ». Cette chaire a pour mission d’apporter « une contribution scientifique majeure à l’analyse de l’impact des rapports entre religion et politique sur l’évolution des sociétés et du système international ». Sur le site de l’établissement académique, on peut y lire que la création de la chaire fut principalement le fruit des encouragements et du soutien, notamment financier du bienfaiteur genevois.

Aujourd’hui, Yves Oltramare est principalement actif au travers de la fondation qu’il a créée avec son épouse, la Fondation Yves et Inez Oltramare.

Depuis des années, Yves Oltramare semble préconiser une approche pragmatique de la charité et la promotion des arts, de la culture et de la science. Cette conception moderne qui s’appuie sur l’efficacité, tant dans la création des fondations que dans l’efficience des dynamiques inter-organisationnelles est d’une importance toute particulière pour la Suisse, puisque le sol helvétique compte quelques 13’000 fondations qui gèrent 70 milliards de francs suisses. En effet, la Suisse compte près d’une fondation pour 650 habitants, contre seulement une pour 5’000 aux Etats Unis par exemple.

Dans un article du magazine suisse Bilan, le généreux bienfaiteur revient sur le rôle primordial des fondations pour le fonctionnement de la société, malgré leur habitude d’opter pour la discrétion et donc, au public de sous-estimer leur implication dans le développement de leur communauté. « La plupart préfèrent rester dans l’ombre plutôt que de s’exposer. Alors même que certains magnifiques projets soutenus devraient être rendus publics pour rendre hommage à leurs auteurs » a-t-il expliqué à l’hebdomadaire.

Outre la timidité des fondations, la philanthropie rencontre certains obstacles tels que la volonté apparente des donateurs d’avoir leur propre fondation, diluant alors l’impact des opérations à cause commune. Un autre obstacle semble être la fragmentation des fondations qui peinent à trouver une entité fédératrice ou un registre qui pourrait efficacement permettre aux futurs donateurs de connaître les activités de chaque fondation et ainsi s’y affilier en connaissance de cause.

C’est sur ces pensées qu’Yves Oltramare propose de simplifier la recherche et la collaboration. Il a également soulevé l’importance d’actualiser les statuts des fondations pour une flexibilité et une adaptabilité accrue.

 

Crédit photo: Bilan.ch